Test

The Order : 1886 - Le film hollywoodien dont vous êtes le héros !

Testé à partir d’une Version commerciale française par Nicolas Tarier, le 26 mars 2015

Connu pour ses très bons God of War sur PSP ou encore pour le portage d’Okami sur Wii, le studio américain Ready at Dawn s’est vu offrir carte blanche par Sony pour développer une nouvelle licence en exclusivité pour la PlayStation 4. Au fil des présentations et des salons, The Order : 1886 n’a cessé d’impressionner au point que le TPS (Third Person Shooter) cinématographique figurait parmi nos jeux les plus attendus de 2015. A l’heure où les titres exclusifs manquent sérieusement à l’appel, tient-on enfin le killer-app de la console ?

Londres, époque victorienne saupoudrée de steampunk

Le jeu nous plonge dans Londres en pleine époque victorienne à l’heure même où Jack L’Éventreur sème la terreur. Dans le même temps les Lycans, humains capables de se transformer en loup-garou à leur guise, sont de plus en plus nombreux en ville. Ces derniers combattent ardemment les humains. Et pour couronner le tout, une rébellion aux idées plutôt anarchistes et aux actions extrêmes semble prendre un peu plus d’ampleur chaque jour. Dans ce contexte vous incarnez Sire Galahad, chevalier de la table ronde plus connue à cette époque sous le nom de L’Ordre. Ce dernier est entouré par son mentor, Sire Perceval, son apprentie Dame Ygraine et enfin le Marquis de Lafayette en personne. Il faut dire que The Order : 1886 mêle à son histoire purement fictive de très nombreux éléments réels. On retrouve par exemple Nikola Tesla, le père de l’électricité, en tant qu’important personnage secondaire. Ce dernier crée pour nos personnages des armes avant-gardistes telles que le fusil électrique. Cela renforce le côté “steampunk” du jeu.

D’une manière générale, l’univers développé par Ready at Dawn est tout simplement fantastique. On est immédiatement immergé dans cette ambiance sombre au cœur d’une ville très industrielle de la fin du XIXème siècle. Du pont de Westminster aux ruelles malfamées de Whitechapel, des quais de la Tamise aux tunnels souterrains, chaque lieu a été incroyablement travaillé. Il en va de même pour les costumes des personnages qui regorgent de détails et donnent un look très classe à notre quatuor de héros. Même les armes ont bénéficié d’un remarquable souci du détail.

Une grande et belle moustache next-gen

The Order : 1886 était particulièrement attendu car il semblait constituer une vitrine technologique incroyable pour la console. Et ce point de vue, nul besoin de laisser planer le suspens, c’est une véritable claque graphique que l’on prend. Jamais un jeu n’avait semblé aussi peaufiné. La finesse des textures est un cran au-dessus de ce que l’on a pu voir tourner jusqu’à présent. Même collé à un mur, celles-ci restent vraiment détaillées. Les modélisations sont elles aussi à tomber par terre. Les personnages sont photoréalistes, on distingue bien chaque expression du visage et les différentes matières de leur uniforme. Autre élément particulièrement impressionnant : les éclairages. Ceux-ci sont parfaitement gérés et feront probablement office de référence en la matière pendant des mois.

Le titre est tellement beau que Ready at Dawn utilise tout simplement le moteur in-game pour les séquences cinématiques du jeu. Et cela fonctionne à merveille ! Comme les transitions entre cinématiques et séquences de jeu sont parfaitement fluides, on se croirait vraiment dans un film hollywoodien interactif. Un sentiment renforcé par le nombre faramineux de scènes non-jouables. Certains se plaindront sans doute que celles-ci occupent au moins deux heures parmi les sept petites heures nécessaires à finir le jeu. D’autres, et c’est plutôt notre cas, apprécieront certainement cette impression permanente d’être au coeur d’un véritable film.

Feu à volonté !

Si la réalisation est donc le gros point fort du jeu, on le sait, celle-ci ne fait pas tout. Le gameplay est le point central, le plat de résistance, l’élément qui va décider du plaisir que l’on aura à jouer au titre. De ce côté The Order : 1886 fait clairement dans le réchauffé et se présente comme un TPS tout ce qu’il y a de plus classique, y compris au niveau de l’intelligence artificielle des ennemis très basique. Pour une production de ce calibre, cela fait quelque peu tâche mais manette en main il faut bien avouer que la recette demeure efficace. Les gunfights sont dynamiques et l’on sent plutôt bien la puissance de nos armes. Quelques éléments du décor peuvent bien sûr être détruits lors des combats même si l’on espérait encore plus d’interactivité de ce côté. Pour varier un peu la formule, les développeurs ont intégré quelques séquences d’infiltration que l’on qualifiera de relativement correctes bien qu’assez sommaires. Elles reposent notamment sur l’utilisation d’un QTE pour éliminer l’ennemi dans le bon timing. Une idée assez étrange qui peut parfois nous faire rater un assassinat pourtant immanquable. D’autant plus dommage que d’une manière générale les QTE sont plutôt bien utilisés. Le level-design ne laisse quant à lui aucune place à la liberté, le joueur avançant de façon linéaire d’un point A à un point B. Un sacrifice à faire pour bénéficier d’une narration efficace ? Peut-être mais on a déjà vu par le passé des histoires bien racontées dans des univers plus ouverts.

Autre regret, l’impossibilité de jouer en coopération. Bien que Galahad fasse partie d’une escouade de quatre membres de L’Ordre, dans les faits il ne sera souvent accompagné que de l’un d’entre eux. Il aurait donc été logique que l’un de vos amis puisse contrôler ce second personnage mais ce n’est pas le cas. Si suite il y a, on attendra évidemment cette possibilité au tournant. Et il devrait y avoir une suite puisque le scénario semble avoir été conçu pour se développer sur plusieurs épisodes. Pour autant ne vous imaginez pas que celui-ci vous triture le cerveau à la Matrix. Non, l’histoire principale reste plutôt banale. Elle est certes plaisante mais prévisible et un peu trop inspirée par les films Underworld si vous voulez notre avis. Le jeu manque clairement d’un ou deux passages cultes pour marquer les esprits. Là encore on espère être un peu plus épaté par le probable second opus. Pour être franc, on croise les doigts pour que cette très belle introduction se transforme en une série d’exception, un peu comme Uncharted l’est devenue grâce à un deuxième volet améliorant en tout point la recette de son prédécesseur.

Pour finir sur une note positive néanmoins, sachez que les doublages français sont d’un bon niveau. Les quatre personnages principaux dégagent un vrai charisme. La bande-son est elle aussi de grande qualité bien qu’il manque un léger souffle épique, à l’image du titre dans sa globalité.

7
Sympa

Ready at Dawn a peaufiné sa nouvelle licence et nous offre avec The Order 1886 une expérience cinématographique comme on n’en voit que bien trop rarement. Certains auront peut-être du mal à digérer la profusion de séquences cinématiques mais pour les autres cherchant l’immersion dans une grande aventure hollywoodienne, le résultat ne devrait pas les décevoir. Le titre s’impose comme le plus beau sur consoles et son atmosphère comme son univers sont incroyables. En peaufinant à l’extrême la réalisation de son jeu, le studio californien a toutefois relégué au second plan le gameplay qui, pour sa part, n’affiche aucune ambition. On se retrouve alors devant une expérience plaisante à jouer mais il faut bien l’avouer très courte, classique, dirigiste et linéaire dans l’enchaînement de ses phases de jeu. Qu’importe, The Order 1886 reste un très bon titre et on l’espère un solide socle pour une suite bien plus ambitieuse.

  • Le plus beau jeu sur consoles
  • Textures sublimes, éclairages hallucinants
  • Univers impressionnant
  • Atmosphère travaillée
  • Personnages charismatiques
  • Gunfights dynamiques
  • VF de qualité
  • Scénario convenu
  • Linéaire et dirigiste
  • Gameplay trop classique
  • 7h de jeu, pas plus
  • Absence de jeu en coop
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